Crêpes, drogues et pas de Rock’n'roll.

Ce soir en sortant du travail, j’essaie de me vider la tête et de ne pas penser à la soirée qui s’annonce.
J’arrive finalement devant l’immeuble où habitent les parents d’Angelina. Je reste quelques minutes sur le trottoir d’en face, sous une porte cochère. Je regarde les fenêtres de leur appartement et une folle envie de m’enfuir me prend.
Parfois, j’aimerais tout plaquer, changer d’identité et partir refaire ma vie ailleurs, dans un pays lointain plein de danger et d’aventure.
Mais pour ce soir l’aventure m’attend déjà au deuxième étage.

À peine franchie la porte de leur appartement je ressens déjà un malaise. Si j’étais superstitieux, je croirais que cette maison est habitée par un esprit malin.
La mère m’accueille déjà quasiment en larme, elle titube presque et sa bouche sonne comme celle d’un boxer après un combat.
Dans le salon, je trouve le père assis sur son fauteuil, les yeux fixés dans le vide. Je lance un “bonsoir” assez fort pour le sortir de sa torpeur. Il ne sourcille même pas, mais finit par se lever pour me saluer.
Au bout de quelques secondes, je suis déjà acculé par la mère. Des mots sortent de sa bouche en flots continus, mais je ne saisis pas le sens de ses paroles. Elle me fixe de son regard vitreux et je me contente d’acquiescer prudemment. Le père est assis à côté de moi, mais je sens que son esprit n’est déjà plus dans la pièce.
Je regarde fébrilement autour de moi, espérant voir arriver Angelina.

Finalement, la belle fait son apparition. Comme à chaque fois, elle m’éblouit et j’en oublierai presque mon malaise.

Durant le repas, je concentre mon attention sur Angie. Je vois dans ses yeux la flamme de la colère qui scintille chaque fois qu’elle regarde sa mère. Son amour de fille disparait un peu plus à chaque pilule rouge baiser ingurgité.
La belle se tourne vers moi et je me contente de sourire. Je la trouve si forte et pourtant si fragile. Ses yeux semblent me dire “enlève-moi, partons d’ici”.

Mais je reste là et je souris.

~ par alexx0x sur mars 4, 2008.

Laisser un commentaire